DIS en 2022 - Photo-Matthieu-Henry-scaled

Les défis majeurs des DSI en 2022 ?

Le COVID-19 a amené des bouleversements (2 dernières années) dans la sphère des DSI : évolution des besoins opérationnels et financiers, télétravail, systèmes distribués et développement du numérique.
L’accélération de la transformation numérique, la migration massive des applications vers le Cloud et l’investissements dans la technologie « digital-first » (favorisation d’une stratégie orientée prioritairement vers le numérique) en croissance ont changé la donne.


L’édition 2018 du rapport « State of Digital Business Transformation » du cabinet IDG nous révèle que :
– Les grandes entreprises évoluent plus lentement que les petites (bon, on le savait déjà).
55% des Startups auraient déjà adopté une stratégie numérique, contre 38% des entreprises traditionnelles (que l’on pourrait qualifier de l’ancien monde).
– L’argent constitue toujours un frein majeur pour s’engager dans une stratégie « digital first »
– La productivité prend toujours le pas sur l’expérience client

D’après Larry Dignan, rédacteur en chef de ZDNet (https://www.zdnet.com/article/lenovo-to-make-bet-on-smart-office-heres-why-it-makes-sense/), « de nombreuses organisations se focalisent sur les aspects superficiels de la transformation numérique, plutôt que d’aller directement au cœur des enjeux » (bureaux open-space, babyfoot dernier cri plutôt que des équipements et réseaux capables d’analyser le Big Data et une collaboration réellement porteuse de valeur).
Atteindre ses objectifs d’économie, d’efficacité et de productivité ne suffit pas pour se démarquer de la concurrence (qui a fait la même chose).
La balle est dans le camp de l’humain qui, grâce à la transformation numérique, sera doté d’outils dont il a besoin pour exprimer son talent.
Même l’IA ne peut rivaliser avec le génie créatif de l’humain dans un environnement adéquate.
Pour exemple, le Thinkpad de Lenovo, spécialement conçu pour être innovant et libérer le côté créatif de l’utilisateur (plutôt que pour faire de la bureautique de base).

A ce jour, chercher des informations sur Internet, réserver une place de cinéma en ligne et commander un transport Uber pour se rendre à la séance sont entrés dans des pratiques courante comme une seconde nature. Prochaine étape, la livraison à domicile par drones. Les technologies sont bel et bien une partie de nous-mêmes, comme un reflex (comme respirer).
A l’époque, nous avons réussi à mettre un pied sur la lune sans internet. Nous réussirons bien à faire quelque chose de mieux avec les moyens à notre disposition nous permettant de collaborer et de partager des informations à la vitesse de la lumière.
Le prochain véritable enjeu sociétal et professionnel, c’est notre propre imagination.

Quels changements pour les DSI ?

1 – Migration des fonctions du DSI vers des missions plus stratégiques.
Selon une enquête de PEGA, 60% des dirigeants et DSI internationaux « s’attendent à ce que la transformation digitale se traduise par une rationalisation du travail, qui leur permettra de mieux exprimer leur créativité, de coopérer davantage avec les autres départements et de dédier moins de temps aux tâches administratives ».
Les DSI devraient s’intéroger sur l’opportunité de se tourner vers d’autres domaines de l’entreprise afin de mieux collaborer à la résolution des problèmes et de préparer l’avenir.

Dans le monde professionnel, grâce à l’innovation et à l’automatisation, l’activité informatique sera très différente dans les années à venir. Moins de temps consacré à la maintenance des SI, plus de temps à consacrer à la résolution des problèmes métier.

2 – Centralisation du workflow et de la gouvernance.
Equipes décentralisées, augmentation du nombre de projet et fréquence plus rapprochée des lancement de produits incitent à rechercher plus de standardisation et de contrôle centralisé.
Selon une étude de Gartner (https://www.gartner.com/smarterwithgartner/top-10-security-predictions-2016), le Shadow IT (déploiement de technologies par les collaborateurs sans passer par la DSI), induit 1/3 des failles de sécurité dans le système informatique.
Devant l’inadéquation des outils informatiques proposées par les DSI et l’évolution des pratiques et des besoins de collaborateurs, ces derniers se tournent vers des solutions nouvelles ou alternatives correspondant à leur besoin.
Le lobbying de certains gros éditeurs de solution informatique (Microsoft, etc.) est de plus en plus incompatible avec la libération d’innovation et de créativité des collaborateurs. Les outils du Shadow IT sont souvent des solutions inexistantes au sein de l’entreprise, trop pauvres fonctionnellement ou pas assez ouvertes chez ces éditeurs. Le marché du libre et de l’open-source pourrait-il être une partie de la solution, conjointement avec des démarches de projets nationaux, fédéraux ou continentaux (voire francophones) ?
La DSI étant au service de l’entreprise, elle doit prendre le contrôle de gestion sur ces outils, pour des raisons de sécurité informatique. Monitoring du Shadow IT, proposition de solutions isofonctionnelles maitrisées par la DSI, attitude d’ouverture et participation aux réunions métier sur la stratégie technologique. Objectif, faire disparaître la fracture entre le « nous » (DSI) et le « eux » (les métiers).

3 – Développement des compétences, recrutement de talents et fidélisation
Les DSI ont déjà du mal à trouver et à retenir des professionnels de talent. Pourtant, selon le site d’offres d’emploi MeetFrank, « les postes proposés dans le secteur des technologies enregistrent la plus forte croissance en Europe, les ingénieurs logiciels étant les plus demandés ».
Daprès MeetFrank, depuis la pandémie du COVID, 5 secteurs technologiques numériques ont été particulièrement boostés : outils numériques en lien avec le télétravail, services & outils de santé numériques, achats en ligne & commerce électronique, outils de transfert électronique (sans cash), E-Learning & outils d’apprentissage et d’enseignement à distance.

Les compétences requises en 2022 laissent une place croissante aux compétences personnelles, à la capacité de résolution de problème et de management d’équipes.
Bref, le travail collaboratif est devenu la norme, loin des vieux schémas de l’ancien monde.
Les DSI doivent penser à développer des opportunités pour leurs collaborateurs dont les tâches sont en phase d’automatisation. La GPEC (gestion prévisionelle des emplois et des compétences) devrait muter vers la GPTC (gestion prévisionelle des talents et de la créativité).

Le secteur du recrutement a encore trop tendance à se concentrer sur les recrutements « faciles », avec des profils normés (pour des raisons de traditionnalisme, CA ou d’incapacité à détecter et évaluer correctement les profils plus « musclés », atypiques ou séniors). Certains adages du type « les entreprises n’arrivent pas à recruter » ou « dans la région ou le pays, il n’y a pas les compétences adéquates » persistent encore. Quand on a la chance, du côté candidat, d’auditer un recruteur, sa démarche ou son processus de recrutement, on comprend mieux le déphasage avec leur monde et la réalité des entreprises dynamiques, efficaces et où il fait bon vivre et s’épanouir.

En 2022, on ne peut pas gérer les talents d’aujourd’hui avec les méthodes et outils de l’ancien monde

4 – Accroissement des exigences financières
Selon une enquête de Forbes, « 36 % des vice-présidents directeurs et principaux interrogés admettent avoir du mal à trouver l’adéquation entre les budgets et les besoins informatiques ».
Dorénavant, pour attendre leurs objectifs stratégiques, les entreprises devront décentraliser leur financement informatique pour tenir compte de l’intégration des collaborateurs informatiques aux fonctions métier et de l’approche « digital first ».

Toujours selon l’enquête de Forbes, les DSI et CIO-CTO interrogés ont déclaré que « leurs responsabilités s’étaient renforcées et englobaient à présent des tâches transformationnelles, telles que la veille technologique (41 %) et le développement de solutions et produits innovants (35 %) ».
A l’avenir, les DSI devraient poursuivre leur évolution en s’impliquant bien plus du côté des métiers.

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